A double tranchant…
décembre 24th, 2009A l’heure ou les Etats-Unis adoptent une réforme cruciale de santé et alourdissent encore leur déficit public, un autre débat majeur passe brièvement au second plan: celui des aides extérieures massives que Washington apportent chaque année à l’Afghanistan, au Pakistan, à l’Egypte, la Jordanie, ou encore… Israël. Une aide qui risque bien de se révéler à double tranchant. Quelques données…
Depuis la seconde guerre mondiale, Israël est le pays qui a le plus profité des aides extérieures américaines. L’Etat juif est en tête de liste des fonds versés et des programme d’assistance américaine à l’étranger de 1967 à 2004, et n’a été que très récemment supplanté par l’Irak. Depuis 1985, une aide annuelle de trois milliards de dollars est quasi automatiquement renouvelée par vote au congrès américain. De 1949 à 1967 les échanges entre les deux pays étaient modestes, mais le volte-face de De Gaulle à la veille de la guerre des six jours a forcé l’armée israélienne à partir à la recherche d’un autre mécène.
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Mais Israël n’a pas entretenu cette dépendance. Au fur et à mesure des années ces fonds ont aidés tant à assurer la sécurité du jeune Etat qu’à développer son économie locale, et notamment son secteur industriel. Au vu de l’évolution de son indépendance économique, le Premier ministre Binyamin Netanyahou, lors de son premier mandat, n’avait pas hésité à proposer une réduction progressive des subventions. En 1998, c’est encore une fois Israël qui revient à la charge, en suggérant de supprimer progressivement l’aide économique globale de 1,2 milliards de dollars, et d’augmenter parallèlement l’aide militaire, alors évaluée à 1,8 milliards de dollars.
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Pourquoi ce soutien quasi sans faille de la part du congrès américain ? Parce ces aides ne sont pas unilatérales et que leur utilité pour les Etats-Unis est aisément mesurable. Au-delà d’une subvention, cette aide s’est rapidement transformée en coopération régulière et productive, notamment ce qui concerne les dernières technologies d’armement. Pourtant si le lien est solide, il a selon les administrations au pouvoir aux USA, été renforcé ou mis en veille. En Août 2007, l’administration Bush annonce une augmentation de l’aide militaire de 6 milliards de dollars sur 10 ans. Barack Obama n’a lui toujours pas exposé de politique claire sur la question.
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Depuis des dizaines d’années en fait, des relations bilatérales solides sont maintenues, et le versement régulier de ces aides n’en est finalement qu’un élément. Israël sert de base arrière aux Etats-Unis, et partageait jusqu’à il y a quelques mois encore la plupart de ses objectifs stratégiques au Moyen Orient, qu’il s’agisse de l’Iran, de la Syrie, ou de la montée en puissance de l’Islam radical.
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Il y a bien eu des divergences concernant le conflit israélo palestinien, et plus spécifiquement en ce qui concerne le gel des constructions juives en Judée Samarie mais sans implications diplomatiques majeures. Les aides militaires ont également été soumises à certaines restrictions notamment concernant l’utilisation d’armes non conventionnelles telles que les bombes à sous munitions, ou encore les ventes d’armes occasionnelles d’Israël à la Chine. Mais globalement Israël est resté un partenaire sans histoires, un allié fiable et solide.
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Les critiques contre la politique américaine n’ont pourtant pas manqué, arguant que les milliards versés n’ont fait qu’exacerber les tensions régionales. Les américains eux même au fils des administrations, ont parfois opté pour une suspension de garanties de prêt à Israël comme moyen de pression notamment contre le gel des constructions juives en Judée Samarie, mais n’ont jamais menacé de réduire ou geler leurs aides économiques et militaires.
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Depuis des dizaines d’années en fait, des relations bilatérales solides sont maintenues, et le versement régulier de ces aides n’en est finalement qu’un élément. Israël sert de base arrière aux Etats-Unis, et partageait jusqu’à il y a quelques mois encore la plupart de ses objectifs stratégiques au Moyen Orient, qu’il s’agisse de l’Iran, de la Syrie, ou de la montée en puissance de l’Islam radical.
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 Il n’y a pas de doute aujourd’hui que les fonds américains ont contribué à transformer l’armée israélienne, en l’une des plus fortes et technologiquement avancée du monde. Une aide militaire qui a aussi contribué à ce que le jeune état garde une solide avance et un indispensable pouvoir de dissuasion face à ses voisins arabes. Tsahal est également rapidement entré dans le cercle fermé des dix premiers exportateurs d’armes au monde.
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L’aide économique américaine, en sus de l’aide purement militaire et elle aussi non négligeable, et a contribué à la rapide expansion du marché local notamment dans le secteur du High tech. Israël est indéniablement devenu un pays industrialisé avec une économie aussi structurée et développée que celle des pays occidentaux. Une réalité qui a poussé les deux alliés à reconsidérer d’un commun accord ce soutien économique. Une réévaluation progressive puisque ce n’est qu’en 2009 que cette aide économique global s’est finalement interrompue, en contrepartie d’un accroissement conséquent de l’aide et de la coopération militaire.
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Plusieurs milliards de dollars ont également été versés ces dernières années à l’Egypte et l’autorité palestinienne, une aide essentiellement destiné à les aider à consolider leur économie et leur donner davantage d’assurance pour imposer des négociations de paix pas toujours vues d’un bon œil par leur population. Washington avait ainsi versé au gouvernement de Begin et au régime égyptien de Sadate près de 7 milliards de dollars peu avant la signature de l’accord de paix historique entre le Caire et Jérusalem. Mais concernant l’Autorité palestinienne, il faut bien le reconnaître le résultat est moins probant. Le conflit régional n’en reste pas moins un défi diplomatique auquel la Maison Blanche n’est pas prête de renoncer.
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